L'aéroport n'a plus le choix : ou il investit ou il ferme !
Le conseil d'administration de l'aéroport s'est tenu il y a deux semaines. Au cours de celui-ci, a été débattue une batterie de travaux à effectuer. Et de manière urgente car c'est tout bonnement l'homologation de la plateforme qui est en jeu.
C 'est catastrophique !" Sous le sceau du "off", le cri du coeur d'un des institutionnels aux prises avec le dossier de l'aéroport est alarmant. Qu'est-ce qui est catastrophique ? Peu d'insurmontables montagnes à y regarder de près, mais une somme de petites collines qui, à grimper les unes après les autres, risque de casser les pattes de l'aéroport.
C'était un vendredi. Et un vendredi 13. Le conseil syndical de la Llabanère avait à examiner le budget 2009 et surtout à décider de travaux urgents. Car il est indispensable de réaliser avant la fin de l'année des travaux de mise à niveau de la plateforme. Sans ces travaux, c'est l'homologation pour 2010 qui est en péril. Et sans homologation, c'est la fermeture...Le montant des travaux se monte, selon l'estimation que nous avons pu recueillir, à quelque 825 000 euros. Ce n'est pas énorme, mais cela représente tout de même 27 % du budget annuel destiné à l'investissement.
Sept chantiers pour la fin du printemps 2009
Sept chantiers doivent être entrepris.
1- La mise en conformité électrique.
2- Le marquage au sol.
3- Le comblement des nids de poule sur les voies de circulation.
4- L'élagage et le fauchage.
5- Le marquage axial des pistes.
6- La réfection du réseau d'eau potable.
7- La réfection de la clôture.
Ce dernier poste étant financé non pas par le syndicat mixte, mais par la taxe passager. A titre indicatif, en 2008, l'aéroport a perçu 2,6 M E de taxe. On voit mal le syndicat mixte ne pas mener à bien ces travaux et laisser fermer l'aéroport. Le budget a été voté, mais sans les voix des représentants de l'agglomération au conseil syndical qui se sont abstenues. "C'est un budget de misère. Un budget de gens qui n'aiment pas le département. L'aéroport est la plaque tournante de notre économie et ce budget est sans ambition" , explose Daniel Mach.
Un pôle aéronautique
Préserver l'existant est une chose, l'améliorer en est une autre. Le propriétaire de la Llabanère a pour projet de créer un véritable pôle aéronautique qui s'étendra sur 4,2 ha et dont la naissance coûtera près de 2 M E . "Il vise permettre aux entreprises présentes de se développer et si possible à en accueillir d'autres", résume Jean-Jacques Lopez, représentant du conseil général au conseil syndical. "Le lancement des travaux pourrait avoir lieu à la fin du printemps" , précise-t-on à la région, propriétaire de la plateforme à hauteur de 75 %.
Une dizaine d'entreprises sont actuellement implantées sur le site. La plus importante d'entre elles est bien sûr EAS Industries qui a le projet de s'agrandir. "Elle souhaite étendre son hangar sur la moitié de son parking de stockage", éclaire Jean-Jacques Lopez. Problème. Où stocker les avions ? En fait, c'est un jeu de dominos qui va permettre de décaler l'école de pilotage, Aéro service Roussillon, etc. vers l'aérogare pour faire de la place. "Et tout le monde est d'accord" , s'enthousiasme Jean-Jacques Lopez. Il faut bien que ça arrive de temps en temps.