Accident survenu en approche sur Perpignan (rapport d'étape)

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Accident survenu en approche sur Perpignan (rapport d'étape)

Messagepar The Boss » Sam 28 Fév 2009, 20:18

Le BEA (Bureau d'Enquêtes et d'Analyses) pour la Sécurité de l'Aviation civile (l'organisme chargé pour la France des enquêtes techniques sur les accidents ou incidents dans l'aviation civile et intervient à ce titre aussi à l'étranger) a publié le jeudi 26 février dernier, le rapport d'étape de l'A320 qui s'est détruit au large de Canet-en-Rousillon (proche LFMP).

Accident survenu le 27 novembre 2008 au large de Canet-Plage (66)
à l’Airbus A320-232 immatriculé D-AXLA, exploité par XL Airways Germany

Le crash :
A 15 h 44 min 30 s, le commandant de bord stabilise l'avion à une altitude de 3 000 ft. L'avion est en configuration d'atterrissage (FULL). En trente-cinq secondes, la vitesse passe de 136 à 99 kt et le stabilisateur horizontal passe en butée à cabrer. L'alarme de décrochage se déclenche. L'assiette est alors légèrement inférieure à 19°. Les manettes de commande de poussée sont avancées vers le cran TO/GA dans la seconde qui suit. Pendant que la poussée des moteurs augmente de façon symétrique, la vitesse continue de diminuer jusqu'à 92,5 kt puis commence à augmenter. L'avion part en léger roulis à gauche puis à droite. Le commandant de bord contre ces mouvements.

A 15 h 45 min 15 s, les lois de commande de vol passent en loi directe. L'inclinaison est de 50 ° à droite.

A 15 h 45 min 19 s, l'alarme de décrochage s'arrête. L'inclinaison est de 40 ° à gauche. Une seconde plus tard, l'avion a une assiette de 7°. Ses ailes sont proches de l'horizontale et sa vitesse est de 138 kt. L'assiette et l'altitude commencent alors à augmenter. Au cours de cette montée, l'alarme de décrochage se déclenche une deuxième fois. L'équipage commande la rentrée du train : la loi de commande de vol en assiette passe en alternate.

A 15 h 45 min 44 s, les valeurs maximums enregistrées sont : assiette 57°, altitude 3800 ft. La vitesse est inférieure à 40 kt.

A 15 h 45 min 47 s. l'alarme de décrochage s'arrête. Elle se déclenche à nouveau cinq secondes plus tard. A partir de 15 h 45 min 55 s, l'avion s'incline à droite jusqu'à 97° et son assiette atteint 42 ° à piquer.

A 15 h 45 min 58 s, la commande de configuration des becs et volets est amenée sur la position 1 puis 0 deux secondes plus tard. Le commandant de bord agit sur les commandes de vol et les manettes de puissance.

A 15 h 46 min 00 s, l'alarme de décrochage s'arrête.

A 15 h 46 min 06,8 s, les dernières valeurs enregistrées sont une assiette de 14° à piquer, une inclinaison de 15° à droite, une vitesse de 263 kt et une altitude de 340 ft. Moins d'une seconde plus tard, l'avion entre en collision avec la mer.


Recommandations du BEA :
Rappel : conformément à l'article 10 de la Directive 94/56/CE sur les enquêtes accidents, une recommandation de sécurité ne constitue en aucun cas une présomption de faute ou de responsabilité dans un accident ou un incident. L'article R.731-2 du Code de l'aviation civile stipule que les destinataires des recommandations de sécurité font connaître au BEA, dans un délai de quatre-vingt-dix jours après leur réception, les suites qu'ils entendent leur donner et, le cas échéant, le délai nécessaire à leur mise en œuvre.

Le vol effectué était destiné à vérifier l'état d'un avion en service, en fin de location. Ce type de vols, bien que non exceptionnel dans le transport aérien mondial, ne figure pas dans la liste des vols non commerciaux énumérés dans l'EU-OPS (1.1045), en notant que cette liste ne comporte aucune précision ou définition pour les vols cités. A ce jour, le BEA n'a pu identifier aucun texte à portée communautaire ou extracommunautaire fixant un cadre pour les vols non commerciaux, et a fortiori pour les vols « d'acceptance ». De plus, aucun document ne précise les contraintes s'imposant à ces vols ou les compétences requises des pilotes. De ce fait, les exploitants sont amenés à définir eux-mêmes le programme et les conditions d'exécution de ces vols dans leur manuel d'exploitation, sans nécessairement avoir évalué les risques particuliers que ces vols peuvent présenter. Il semble que la plupart des exploitants assimilent les vols « d'acceptance » aux vols de contrôle effectués après certaines opérations d'entretien.

Dans le cadre de leur contrat, Air New Zealand et XL Airways Germany avaient convenu d'un programme de vérifications en vol basé sur un programme d'Airbus utilisé pour les vols en vue de la livraison d'un avion neuf à un client. Ces vols sont réalisés par des pilotes et des ingénieurs de réception d'Airbus.

Les premières constatations de l'enquête ont fait apparaître une grande diversité dans la description que font les exploitants des vols non commerciaux, dans le cadre qu'ils fixent pour la préparation ou pour l'exécution de ces vols ou dans la sélection et l'entraînement des pilotes. Cette diversité et l'absence quasi totale d'indications ou de normes sur les vols non commerciaux peuvent conduire aussi bien à improviser plus ou moins dans l'exécution d'essais ou de vérifications qu'à effectuer de tels essais ou vérifications dans des parties d'espace aérien inadaptées et/ou au cours de phases de vol à charge de travail élevée.


Le document complet est disponible ici : http://www.bea.aero/docspa/2008/d-la081 ... 81127e.pdf
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Re: Accident survenu en approche sur Perpignan (rapport d'étape)

Messagepar FlyMountains » Dim 1 Mar 2009, 11:49

Le rapport d'étape du Bureau Enquêtes et Analyses (BEA) n'est pas l'explication du crash qui a fait sept morts mais un première conclusion de l'enquête.

Le BEA a voulu manifestement pointer que l'exercice de décrochage mené par l'équipage de l'Airbus s'est effectué à une altitude tellement basse (900 mètres) qu'elle multipliait les risques.

Mais les données livrées n'expliquent pas pourquoi l'Airbus A320 d'Air New Zealand s'est soudain cabré. A cet instant, l'avion est à pleine puissance mais cette puissance est insuffisante à la fois pour faire reprendre de l'altitude à l'appareil tout en lui donnant suffisamment de vitesse afin qu'il maintienne sa stabilité.

Le BEA cite de nombreux témoignages qu'il juge fiables et qui correspondent aux données récoltées.

Ils décrivent un avion dont les moteurs sont en pleine puissance et qui prend brutalement une assiette à cabrer. Balance sur une aile, puis une autre, retrouve une assiette correcte pendant quelques secondes avant de repartir en montée, de perdre toute sa vitesse et de s'incliner à droite puis partir à piquer, s'écrasant finalement dans la mer. Toute la question de l'enquête consiste à déterminer pourquoi l'avion s'est cabré si fortement et pourquoi cette manœuvre n'a pu être interrompue.
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Re: Accident survenu en approche sur Perpignan (rapport d'étape)

Messagepar Emakina » Dim 1 Mar 2009, 12:03

Je suis ingénieur électronicien, je travaille dans le domaine aéronautique et j'ai un brevet de pilote privé mais n'ai pas piloté depuis une vingtaine d'années.

Après lecture du rapport du BEA et de vos commentaires, j'ai compris que l'équipage avait commis deux fautes majeures : Faire un essai basse vitesse à 3000 ft et ne pas penser à ramener le trim de profondeur au neutre. Néanmoins je me pose beaucoup de questions auxquelles vous pourrez peut-être répondre.

1) Blocage des sondes

Les sondes d'incidence semblent fonctionner au moins jusqu'à 14h50. De 14h50 à 15h00, l'AOA reste fixe mais la vitesse est constante donc il est difficile de dire si les sondes sont défaillantes ou pas. Ensuite, elles ont un sursaut de 15h01 à 15h04 environ semblant correspondre à une diminution puis augmentation de la vitesse. Enfin, à partir de 15h04, elles semblent bloquées à 4° environ. Comment expliquer ce blocage ? D'après la doc que j'ai pu trouver chaque sonde est reliée à un ADIRU qui transmet ensuite aux FAC. A mon avis ce ne sont pas les sondes qui sont en panne mais un organe commun aux calculateurs qui les traitent.

2) Après le décrochage 15h45:05

Comment expliquer la forte inclinaison de 50° à droite puis de 40° à gauche que le CDB tente de contrer sans succès ? A 15:45:19 les gouvernes de profondeur sont à piquer en butée. Le CDB ramène un court instant (1s environ) le manche au neutre puis de nouveau en butée à piquer. Comment expliquer qu'à partir de ce moment l'avion monte fortement ?

Voilà, j'espère ne pas avoir été trop long !
Emakina
 
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